Fondements

Ce projet est le résultat d’une coopération transnationale associant différents professionnels de domaines divers tels que le design et les métiers d’art, le numérique et la culture du libre, l’engagement politique et la démocratie locale, la médiation culturelle, le développement économique, culturel et local.

Ses partenaires, belges, espagnols, français, italiens et lettons sont sensibles aux profonds changements de notre société traversée par de nombreuses crises économique, démocratique, identitaire…

Ils ont souhaité partager leurs connaissances dans un projet commun afin d’expérimenter de nouvelles façons pour « refaire cité », fondées sur une économie du partage.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!

Ils ont ainsi posé leurs fondements pour concevoir ce projet :

  1. Les métiers d’art et les savoir-faire manuels sont universels.

    Ils facilitent le dialogue entre les Hommes et la reconnaissance réciproque. Ils sont propres à l’identité culturelle de chacun et jouent donc un rôle essentiel dans la construction de nouveaux récits communs et partagés.

  2. Un objet raconte une histoire.

    Il peut interpeller, questionner la norme. Le design est un processus à la fois esthétique, fonctionnel, économique, socio politique de la création. C’est aussi un processus de création en lui-même. Le designer part de l’analyse des besoins à la fois pratiques et émotionnels.

    « On ne lui demande pas de dessiner un pont mais plutôt de dessiner la façon de traverser la rivière ».
  3. Le design collaboratif, levier de sociabilité

    Je pompe donc je suis

    Les nouvelles modalités de travail propres au design collaboratif favorisent particulièrement les croisements de savoir et savoir-faire, leviers de nouveaux potentiels créatifs, de production et plus largement de sociabilité

    Le design collaboratif enlève toute hiérarchisation entre les individus et la sectorisation du savoir, il casse la division sociale du travail pour mieux saisir l’ensemble des étapes de production et permettre à chacun de s’ouvrir aux compétences de l’autre.

    La participation à un processus design favorise son appropriation, depuis le problème jusqu’à la solution, et permet ainsi plus facilement l’implication de chacun en tant qu’acteur.

  4. La pédagogie par le jeu

    C’est un outil efficace pour motiver les personnes, relancer leur intérêt et développer leur esprit d’équipe

  5. La culture du libre ne veut pas dire la gratuité

    La philosophie de la culture libre, héritée du mouvement libre de logiciels, fonctionne sur la base d’initiatives autonomes de solidarité, d’échanges autour des aptitudes et opportunités de chacun, de la démocratisation du savoir, de l’éducation et des moyens de production, ainsi que d’une distribution des revenus proportionnelle

Logo creative commons

Problématiques

Plusieurs interrogations fortes sur l’évolution de notre société ont alors été posées :
  • Les bouleversements liés aux NTIC : le traitement massif des données numériques et l’amélioration des performances des imprimantes 3D modifient en profondeur les modes de conception et de production. Conduiront-ils à une dissociation entre les métiers du design de ceux de la fabrication, ou au contraire, par le biais de l’Open source, favoriseront-ils le partage et l'émergence de nouvelles pratiques de création ?

  • La crise de la démocratie locale : l'Open design peut-il permettre de mobiliser et impliquer les citoyens sur des problématiques sociétales cruciales, comme l'alimentation saine et la question de l’identité ?

  • La mise en cause des modèles économiques classiques : la coopération plutôt que la concurrence ; le creative commons peut-il être porteur de modèles de recherche/développement et de rémunération efficaces, éthiques et justes ?

Quelles pourraient être de nouvelles formes de coopération, de nouvelles modalités de production et de partage des communs qui permettraient de faire évoluer notre modèle de société, traversé par plusieurs crises ?

Partenaires et soutiens

Coopération transnationale

Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, les partenaires CHIC ont défini un projet concret, permettant de mettre en marche, dès le départ, un processus design collaboratif, s’appuyant sur :

  • La conception de jeux pédagogiques réalisés dans le cadre de processus de design collaboratif mobilisant designers, artisans, fab managers, équipes pédagogiques et usagers
  • La reproduction facile et peu coûteuse de ces jeux en travaillant l’articulation entre le high-tech et le low-tech
  • La mise en réseau d’un ensemble d’acteurs européens s’interrogeant sur les formes de rétribution du travail de production de biens communs

Objet commun de travail : Le tampon

Logo CHIC

CHIC a choisi de travailler sur un thème commun à tous : le tampon.

Cet objet né du besoin universel de répéter et de multiplier des motifs, des dessins, des figures à des fins décoratives (ex : décors sur bois), d'apprentissage (ex : imprimerie), commerciales (ex : marque de fabrique), de diffusion artistique (ex : lithographie).

Des cultures populaires aux métiers d'art les plus raffinés, le tampon est à la portée de tous et constitue un marqueur d'époques, de techniques et d'identités locales. Il est toujours utilisé aussi bien dans le cadre des loisirs (par exemple, des élèves vont utiliser des tampons encreurs pour décorer leur cahier) que dans le cadre professionnel pour l'impression, entre autres, des tissus « batiks » ou de papiers gaufrés.

Pendant 18 mois, le projet CHIC s'articule autour de workshops ouverts au public, festivals et séminaires, organisés dans les cinq pays d'Europe.

Séminaire de clôture

Le séminaire de clôture de ce projet a eu lieu aux archives nationales à Pierrefitte sur seine en novembre 2017. Il avait pour thème :

Icône PDF « Open source / Open design : Travailler en coopération ou épaissir des murs entre les professions, les habitants et les territoires ? »

La suite ?

Le seminaire de clôture a donné l’occasion d’animer 3 ateliers de braisntorming avec les participants.

Ces échanges sur les perspectives de travail ont porté sur 3 axes :

  • Faire de l’open source une ressource de la vie quotidienne
  • Enrichir et développer la collection « make it together »
  • Entretenir la coopération européenne

Icône PDFLa synthèse des échanges